Qu'est-ce que la LAMal/KVG et pourquoi cela compte dès le premier jour

L'assurance-maladie obligatoire — appelée assurance de base — est obligatoire pour toute personne domiciliée en Suisse. La base légale est la loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal/KVG).

Contrairement à de nombreux autres pays, la couverture de base suisse est souscrite individuellement auprès d'un assureur privé — elle n'est pas fournie par l'employeur ni par l'État. Il existe plus de 50 assureurs agréés. Chaque assureur doit accepter chaque demandeur — il ne peut ni vous refuser, ni vous facturer plus en raison de votre état de santé, ni exclure des affections préexistantes du contrat.

Le catalogue des prestations est standardisé par la loi fédérale. Chaque police de base couvre le même catalogue de prestations : consultations médicales ambulatoires, séjours hospitaliers en division commune de votre canton, médicaments prescrits, soins de maternité, physiothérapie, traitement d'urgence à l'étranger de manière limitée et certaines mesures préventives. Aucun assureur n'offre plus ou moins de couverture — seuls la prime, la qualité du service et les produits complémentaires diffèrent.

Le délai de 3 mois : quand l'horloge démarre et ce qui se passe en cas de dépassement

Dès votre inscription en tant que résident suisse auprès de votre commune, le délai de trois mois commence. Vous devez avoir souscrit une police de base dans les 90 jours suivant la date officielle de début de résidence. La protection est ensuite rétroactive à votre date d'enregistrement — vous devez les cotisations à partir du jour où vous êtes devenu résident, pas seulement à partir de la signature du contrat.

Un dépassement du délai n'empêche pas la souscription — les assureurs ne peuvent pas refuser le contrat obligatoire —, mais l'autorité cantonale peut vous attribuer à un assureur et imposer une majoration de prime pouvant atteindre 50% pour la période de non-couverture. Vous devez également tous les arriérés depuis le début de votre résidence.

Pour les nouveau-nés, le délai d'inscription est de trois mois à partir de la naissance. En cas de changement de canton, vous conservez votre assureur mais la prime s'ajuste au tarif du nouveau canton, et vous disposez généralement d'une brève fenêtre pour changer de modèle au sein du même assureur.

Pour les frontaliers et les travailleurs détachés, des règles différentes s'appliquent. Les frontaliers UE/AELE assurés dans leur pays de résidence n'ont généralement pas besoin de couverture suisse, mais doivent être en possession d'une carte européenne d'assurance maladie (CEAM) valide. Notre guide fiscal pour frontaliers couvre les sujets connexes d'assurance et de fiscalité.

Franchise, quote-part et modèles alternatifs : comment vos choix modifient la prime

La prime n'est pas seulement fixée par l'assureur — vos propres choix la modifient considérablement. Le levier le plus important est la franchise annuelle.

Les adultes peuvent choisir une franchise de CHF 300, 500, 1'000, 1'500, 2'000 ou 2'500 par an. Une franchise plus basse signifie une prime mensuelle plus élevée et inversement. Règle empirique : si vous prévoyez de nombreuses consultations médicales, la franchise de CHF 300 plafonne vos frais tôt dans l'année. Si vous êtes en bonne santé et consultez rarement, une franchise de CHF 2'500 permet d'économiser CHF 80 à 160 par mois de prime.

Au-dessus de la franchise, vous payez une quote-part de 10% sur chaque facture médicale, plafonnée à CHF 700 par an pour les adultes (CHF 350 pour les enfants). Le maximum que vous payez de votre poche par an — franchise plus quote-part — est de CHF 3'200 pour les adultes et CHF 350 pour les enfants. Au-delà, l'assureur prend en charge 100%.

Les modèles alternatifs réduisent davantage le coût. Un modèle du médecin de famille exige que vous consultiez toujours d'abord votre médecin généraliste enregistré, économisant 10 à 15% de prime. Un modèle de télémédecine (Telmed) nécessite une consultation téléphonique avant toute visite chez un spécialiste, avec des économies similaires. Un modèle HMO exige tous les soins via un cabinet de groupe spécifique. Ces restrictions sont acceptables pour la plupart des adultes en bonne santé, mais doivent être soigneusement évaluées pour les familles ou les personnes avec des traitements en cours.

L'outil officiel de comparaison des primes sur priminfo.admin.ch vous permet de comparer tous les assureurs côte à côte pour votre canton, votre âge, votre franchise et votre combinaison de modèles spécifiques.

Primes 2026 : à quoi s'attendre selon le canton, l'âge et le niveau de couverture

Les primes varient considérablement d'un canton à l'autre. En 2026, un adulte de 26 ans ou plus avec une franchise de CHF 300 et le modèle standard paie environ CHF 340 à 550 par mois suivant le canton et l'assureur. Genève (GE) et Bâle-Ville (BS) figurent constamment parmi les plus chers. Les cantons ruraux comme Appenzell Rhodes-Intérieures (AI) et Uri (UR) tendent à être les moins chers.

Les primes des enfants sont nettement inférieures : environ CHF 80 à 140 par mois pour une franchise de CHF 0 (les enfants n'ont pas de franchise minimale par défaut) selon l'endroit. Les jeunes adultes de 19 à 25 ans paient un tarif adulte réduit dans la plupart des cantons.

Les primes ne sont pas liées au revenu. Un PDG et un étudiant dans le même canton, avec le même assureur, la même franchise et le même modèle paient exactement la même prime. C'est une différence clé par rapport aux systèmes de santé financés par l'impôt et la raison pour laquelle la Suisse dispose d'un système de subvention des primes.

Les primes augmentent généralement chaque automne pour l'année civile suivante. Les assureurs annoncent les nouveaux tarifs d'ici octobre, et vous avez jusqu'au 30 novembre pour changer d'assurance de base pour l'année suivante. Le changement est simple : le nouvel assureur résilie l'ancienne police pour vous.

Subvention des primes (réduction individuelle des primes) : qui y a droit et comment en faire la demande

Les primes n'étant pas liées au revenu, les cantons accordent des réductions de primes sous condition de ressources — appelées réduction individuelle des primes (RIP).

Les seuils d'éligibilité et le montant du soutien varient selon le canton. Dans la majorité des cantons, un ménage dont les cotisations obligatoires dépassent 8 à 12% du revenu imposable a droit à une subvention. Certains cantons comme Vaud et le Tessin offrent des subventions généreuses. D'autres ont des seuils plus stricts. La subvention est généralement versée directement à l'assureur, réduisant votre facture mensuelle.

Vous devez déposer votre demande auprès de votre caisse cantonale de compensation — elle n'est pas automatique. Les demandes sont généralement déposées avec la déclaration fiscale ou via un formulaire cantonal séparé. Manquer la date limite de dépôt signifie généralement perdre le droit à la subvention pour l'année concernée, même si vous remplissiez les conditions.

Les retraités à faible revenu bénéficiant de prestations complémentaires (PC) reçoivent automatiquement la subvention et ne devraient pas avoir besoin d'une demande séparée. Il en va de même pour les bénéficiaires d'indemnités journalières de l'assurance-chômage ou invalidité dans de nombreux cantons.

Assurance complémentaire (LCA) : soins dentaires, division privée et ce qui est facultatif

L'assurance complémentaire hospitalière et ambulatoire est régie par une loi distincte — la loi fédérale sur le contrat d'assurance (LCA/VVG). Contrairement au régime obligatoire, la couverture complémentaire n'est pas obligatoire, les assureurs peuvent refuser des demandeurs pour des raisons de santé, et les coûts sont basés sur le risque plutôt que sur la solidarité.

Les produits complémentaires les plus courants sont : couverture hospitalière en division semi-privée ou privée (permettant une chambre à deux lits ou individuelle et le libre choix du médecin-chef), assurance dentaire (généralement avec des plafonds annuels de CHF 2'000 à 5'000) et couverture de médecine complémentaire (acupuncture, ostéopathie et médecine traditionnelle chinoise au-delà de ce que le régime de base rembourse).

Pour la plupart des expatriés en bonne santé, l'assurance complémentaire n'est pas urgente à l'arrivée. Mettez d'abord en place le contrat de base dans le délai de 3 mois. Une couverture complémentaire peut être ajoutée plus tard, mais l'assureur peut exiger un questionnaire de santé et imposer des exclusions ou refuser la demande. Certains expatriés choisissent une assurance maladie internationale combinant l'obligatoire suisse avec une couverture privée internationale — consultez un courtier spécialisé pour l'adéquation transfrontalière.

Un cas particulier est la couverture accident. Si vous travaillez au moins huit heures par semaine pour le même employeur suisse, l'assurance-accidents professionnelle (LAA) couvre les accidents professionnels et non professionnels, et vous pouvez supprimer la garantie accident de votre contrat de base — réduisant votre prime d'environ 7%. Si vous travaillez moins d'heures, vous devez conserver cette garantie dans le contrat de base.

Comment vos primes interagissent avec vos impôts suisses

Les cotisations d'assurance de base, les primes complémentaires et les primes d'assurance-accidents sont toutes partiellement déductibles du revenu imposable. Le plafond de déduction varie selon le canton et englobe les primes, les intérêts d'épargne et certaines autres déductions personnelles.

Pour une explication détaillée des plafonds de déduction, des variations cantonales, de ce qui compte comme frais médicaux et de la manière de déclarer les déductions sur votre déclaration fiscale, consultez notre guide sur les déductions fiscales pour l'assurance maladie. La déduction peut être particulièrement précieuse pour les expatriés passant de l'imposition à la source à la taxation ordinaire.

Pour les familles, la cotisation de chaque enfant est déductible séparément, et le plafond global de déduction augmente avec le nombre de personnes à charge. Les montants exacts sont publiés annuellement dans les brochures fiscales cantonales et par l'Administration fédérale des contributions.

Étapes pratiques pour les expatriés arrivant en Suisse

Étape un : inscrivez-vous auprès de votre commune de résidence et recevez votre confirmation de résidence. Le délai d'assurance de trois mois commence à partir de cette date.

Étape deux : dans les deux premières semaines, visitez priminfo.admin.ch et utilisez le calculateur de primes pour votre canton, votre âge et votre franchise souhaitée. Comparez au moins cinq assureurs pour le même niveau de couverture.

Étape trois : choisissez un modèle d'assurance alternatif si l'économie de prime est attrayante et que vous êtes à l'aise avec la restriction. Pour la plupart des nouveaux arrivants, un modèle de télémédecine offre un bon équilibre entre économies et flexibilité.

Étape quatre : demandez l'assurance en ligne ou par téléphone. Ayez votre permis de séjour ou votre confirmation d'enregistrement ainsi que votre numéro AVS à portée de main. La majorité des assureurs offrent un service en anglais, mais certains ne proposent que l'allemand, le français ou l'italien.

Étape cinq : dans les trois à six mois suivant l'arrivée, évaluez si une assurance dentaire complémentaire ou une couverture en division privée vaut le coût pour votre situation. Ne laissez pas un courtier vous pousser vers des produits complémentaires avant que votre assurance de base ne soit réglée.

Si vous quittez définitivement la Suisse, l'assurance de base prend fin lors de votre radiation. Informez votre assureur et votre caisse cantonale de compensation par écrit. Notre checklist de départ de Suisse couvre l'ensemble de la procédure de départ, y compris l'assurance, les impôts et la prévoyance.