Comprendre le risque de change
Le risque de change désigne le risque que la valeur de vos investissements ou de votre épargne varie en raison des fluctuations des taux de change. Pour les expatriés en Suisse, ce risque est omniprésent car leurs revenus sont souvent en francs suisses (CHF) tandis que leurs dépenses futures ou leurs engagements à long terme se feront dans une autre devise (EUR, USD, GBP, etc.).
Ce risque ne doit pas être confondu avec le risque de marché classique. Un portefeuille d'actions mondiales peut progresser en dollars, mais si le franc suisse s'apprécie dans le même temps, la valeur de vos avoirs exprimée en CHF ou dans votre devise de destination peut stagner ou reculer.
La bonne approche consiste à analyser vos actifs et vos passifs futurs par devise. Déterminez quelle part de votre patrimoine doit rester en CHF pour couvrir vos dépenses en Suisse et quelle part doit être investie dans d'autres devises pour correspondre à vos projets à long terme.
Éviter de transformer le change en jeu de pronostics
L'erreur courante consiste à essayer de prédire si le CHF, l'EUR, l'USD ou la GBP sera plus fort l'année prochaine. Ce n'est pas un système de planification, c'est une prévision, et les prévisions peuvent être fausses. Au lieu de cela, structurez vos comptes de manière à ce que les besoins de liquidités à court terme soient détenus dans la devise dans laquelle vous les dépenserez, tandis que les investissements à long terme peuvent tolérer une plus grande volatilité des devises. Cette approche, appelée adéquation actif-passif par devise, tend à réduire les repositionnements coûteux après un déménagement. Elle vous évite également de concentrer une trop grande partie de votre pouvoir d'achat à court terme sur une seule paire de devises.
Le risque de change et la déclaration fiscale
Les fluctuations de change ont également un impact sur votre déclaration d'impôt en Suisse. Les revenus étrangers, les soldes bancaires, les dividendes et les titres doivent être convertis en CHF selon les méthodes de conversion officielles acceptées par l'administration fiscale.
Avant de choisir un courtier, téléchargez un exemple de relevé annuel. Vérifiez s'il distingue clairement les revenus, les impôts retenus, les transactions et les positions de fin d'année d'une manière exploitable par votre logiciel fiscal suisse ou votre conseiller.
Conservez une note simple récapitulant la structure de vos devises : votre unité de salaire, votre unité de dépense à court terme (un à deux ans), votre unité de retraite à long terme, la devise de référence de votre compte de courtage et vos principales expositions de fonds.
Cette note vous évitera une concentration involontaire. Un portefeuille peut sembler diversifié géographiquement tout en présentant un risque important si l'ensemble de vos projets à court terme dépend d'un seul et unique taux de change.